Les photos de l’ami MelchNat, régulièrement remises à jour, contiennent un message sensible, essentiel quand on parle de naturisme : la rencontre de la nature et de son corps est une découverte réciproque et suppose un effort de modestie non évident pour se conserver soi-même dans un état aussi « naturel » que possible. Faute de quoi, se déshabiller n’est pas un geste naturel mais se réduit à un moment exhibitionniste, même si l’on est seul…




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La nature est un éternel recommencement, à travers les quatre saisons qui s’enchaînent à l’infini. Le corps ne vit qu’une seule fois le cycle de ses saisons, mais bénéficie d’une nouvelle jouvence, d’un nouveau coup de fouet avec le retour de la bonne saison, à condition qu’on sache attendre et entendre ce moment de regain, comme un nouveau sursis dans la lente et inéluctable décadence de son apparence physique.




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MelchNat est sans doute comme ça, comme beaucoup de vrais naturistes, pas simplement des nudistes : il apparaît sans âge, sans doute parce qu’il doit passer l’hiver à faire du jogging plutôt qu’à avaler des fondues et autres bûches de Noël. J’avoue que j’ai un peu de retard à rattraper et si je m’expose sans honte aux nouveaux rayons du soleil, mon corps me dit aussi qu’il aimerait bien que je me soucie de lui davantage...




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Pas de considérations philosophiques, ici, ni surtout de discours moralisateur ; je tiens trop à ma propre liberté pour gâcher celle des autres par des conseils intempestifs. Mais un simple rappel que la vie est une longue bagarre contre la maladie, et que la santé est un précieux privilège qu’il faut savoir acquérir, défendre et conserver. Un randonnueur qui affronte une brise d’altitude en montagne investit sur son capital santé bien plus qu’un athlète en chambre avalant des tonnes de potions magiques, antioxydants et autres méga-vitamines fortifiantes. Et sans débourser un sou, ce qui est un comble !




NatDec03 Pourquoi parler de maladie, de vieillissement, de choses tristes ? Parce que, peut-être, le naturisme est une éthique, une exigence vivifiante, pas un sport ou un loisir réservé aux plus jeunes. Parce que, aussi, je vois autour de moi trop de gens souffrir d’être mal dans leur corps et se trouver dépourvus au moindre malaise, à la moindre faiblesse. Dans ce superbe film coréen, « Printemps, été, automne, hiver et printemps », un moine bouddhiste traverse les saisons de la vie à travers les saisons du temps, et acquiert une infinie sérénité, qu’il traduit en lumière intérieure, en contemplant la nature, même dans ses passages les plus rudes. Quelque chose qu’il nous reste souvent à réapprendre, découvrir la nature pour comprendre la sienne !