Samedi 26 juin : 6h22, je part de Coursegoules pour Nas en Espagne. Je m'arrête pour manger un morceau dans les virages en épingles à cheveux, juste avant le village de Bourg Madame qui fait la frontière avec l'Espagne.  J'arrive à Nas à 14h30. Nous avons rendez-vous avec une photographe pour le magasine "Cap Catalogne". Elle est déjà là, mais il manque Pierre et Doug, nous attendons un peu pour faire les photos tous ensemble. Le temps menace de plus en plus, nous décidons de ne plus attendre pour faire des photos du groupe. Il était temps, la photographe ayant pris quelques photos, le ciel nous tombe sur la tête, pluie puis grêle forte. Il est temps de partir vers le refuge de Prat d'Aguilo, Dominique à prévu 3 bonnes heures de montée, nous mettrons moins de 4 heures pour arrivés au refuge. La piste est détrempée, l'orage redouble de violence. Un torrent de boue nous barre le passage, en essayant de le traverser sur les rochers, Georges glisse et tombe dans l'eau, heureusement plus de peur que de mal.




La piste laisse la place à un sentier beaucoup plus raide, il pleut moins, j'en profite pour me mettre nu, c'est tout à fait supportable. Aux abords du refuge, il y a des vaches et des chevaux partout, ils sont magnifiques. Le refuge est plein à craquer, il y a des vêtements mouillés un peu partout, sauf les nôtres bien entendu, vu que l'on est montés nus sous nos ponchos.


    

Dimanche 27 juin : Départ du refuge vers 8h30 pour le Pas Dels Cosolans. Sentier relativement facile dans la partie verdoyante puis devient de plus en plus raide et sans aucune végétation. Je me sens bien et je suis le premier devant Michel qui me suis à une trentaine de mètres. Il y a quelques passages délicats à franchir entre les pierriers et les roches lisses. J'arrive le premier au col, je prend une photo, et je m'inquiète de ne pas voir Michel arriver. Je pose mon sac et je repart dans le sentier pour voir ce qui c'est passé. Michel a glissé sur une pierre et emporté par le poids du sac à dos a roulé sur cinq à six mètres. Il c'est éraflé le long du dos est sur les côtes. Jean-Paul, qui le suivait de prés n'a rien pu faire pour l'arrêter dans sa chute. Heureusement qu'il avait une pharmacie dans son sac à dos, il a pu désinfecter les plaies. Nous voici donc maintenant tous au col (2480m). Nous repartons vers la cime de Comabona (2547m), montée sans aucune difficulté. 

       

Puis descente un peu raide vers le Coll de Tancalaporta (2446m). Le sentier suis deux crêtes successives, la Serra de la Muga et la Serra de la Moixa, magnifiques.

     

Nous mangeons sous le pic de Pradell, dans un champs parsemé de myosotis. A partir de là, le sentier s'enfonce dans une forêt de sapin jusqu'au Coll de Pendis (1850m). Il nous reste à descendre vers le refuge de l'Ingla (1610m), le temps menace encore et nous arrivons au refuge juste avant la pluie. Refuge très bien tenu par un seul jeune homme très sympa et serviable. 

     

Lundi 28 juin : C'est une journée de repos pour certains : Doug, Michel et Georges partirons un peu plus tard pour rejoindre directement le refuge de Sant Jordi (1640m) par le coll de Pendis (1850m). Je part avec le premier groupe pour faire une variante plus courte pour rejoindre le refuge, mais arrivés au col, je décide de continuer avec le groupe par la boucle prévu par Dominique.

    


Nous trouvons assez facilement le sentier au coll Vimboca. Sur la carte au 1/50000, le sentier semble passer devant la barre que l'on voie du col, en fait avec la carte au 1/25000 le sentier passe sur le plateau et contourne la barre pour passer sur l'autre versant avec une partie un peu aérienne. La descente dans la vallée et bordée de buis et de quelques chênes. A l'approche de la rivière nous sommes dans une forêt dense et humide. Nous sommes vers midi à la rivière au dessus d'un barrage, nous cherchons un endroit pour nous baigner mais pas moyen de descendre sur les berges. Nous passons devant des maisons au Cal Cerdanyola (1000m), puis nous cherchons un coin pour manger où l'on puissent se baigner. Nous reprenons le sentier pour gravir les 640m qui nous reste pour arrivés au refuge. Le sentier serpente dans la rivière entre rochers et cascades c'est splendide, mais il ne faudrait pas qu'il y ait la pluie que l'on a eu le premier jour. Nous arrivons au refuge vers 14h30, Doug, Michel et Georges font encore la sieste. Nous sommes depuis cinq minutes à l'intérieur que la pluie commence à tomber. Sylvain s'aperçoit qu'il a oublié ses serviettes, il repart à l'autre refuge sous la pluie.

Mardi 29 juin :  Grosse journée en perspective, plusieurs sommets et cols a franchir et une arrivée, comme au tour de France, au sommet d'une station de ski (2536m). Pour raccourcir un peu le parcours et supprimer un sommet de plus, nous prenons le sentier qui mène directement au coll de Dental. Au départ l'air est un peu frais et le  soleil éclaire seulement le haut des montagnes. Je suis le seul à partir nu suivi très vite par Jean-Paul. Les autres attendrons d'être au passage d'un petit col, baigné par le soleil, pour passer leur tenu de peau. La montée, un peu raide, est entièrement sous les arbres, et débouche sur un col magnifique où il y a des centaines de vaches. Sur la crête il y a un troupeau d'isards. Après avoir contourné le sommet, Doug, Sylvain et moi même partons sans les sacs à l'ascension du sommet pour essayer de les photographier de plus près.

   


Sans bruit, nous nous approchons du bord de la barre, mais ils ne nous ont pas attendu sauf deux qui sont restés sur une petite arrête rocheuse. J'ai juste le temps de les prendre en photo, et dans la seconde qui suit, ils dévalerons la pente en un éclair. Nous retournons vers le groupe, et dans la descente que j'ai abordée un peu vite pour voir si mes genoux tiennent le choc, je me fait doubler par un jeune homme de 23 ans ... de plus que moi !

Il y a quelques passages que Dominique affectionne tout particulièrement, légèrement vertigineux. C'est dans ces passages que nous croiserons plusieurs marcheurs, un peu étonnés de nous voir nus, mais très sympathiques. Nous prendrons un petit en-cas au sommet de Penyes Altes de Moixero (2276m) vue imprenable sur toute la vallée et les sommets des alentours. Nous avons fait à peine la moitié du chemin, il nous reste environ 2.5 km pour atteindre le Col de Jou (2020m), toujours en suivant la crête. Au col nous prendrons des forces pour le morceau de bravoure qui nous reste a faire, 500m de dénivelé pour seulement 2km de montée. Le temps menace, il y a quelques coups de tonnerres et le brouillard qui monte de la vallée. Arrivés au refuge nous sommes récompensés de nos efforts par le sourire de deux charmantes jeunes filles, Laia et Cel. Le refuge et magnifique et nous sommes presque seul, il y a un marcheur Catalan qui s'entraine pour une prochaine course, sont sac pèse au moins 20kg, il a mis à l'intérieur un sac de patates. La salle de restaurant est panoramique avec au centre une cheminé qui nous réchauffe, même un peut trop quand on est en bout de table. Nous allons avoir la chance de prendre en photo un coucher de soleil magnifique sans sortir du refuge. Cinq heure du matin, Jean-Paul a mis son réveil pour prendre en photo le lever du soleil. Nous sommes quatre à attendre que le soleil veuille bien passer les montagnes, il n'arrivera que vers six heure, mais les nuages pas assez nombreux vont donner un résultat assez décevant.

     

Mercredi 30 juin : Journée facile (normalement), nous devons descendre au refuge de Mare de Déu del Paller (1000m) donc nous devons faire seulement 1500m de dénivelé. Nous partons du refuge vers 8h30, et nous suivons le serrat Gran, une crête calcaire grandiose, parsemé de dolines et de failles impressionnantes. 

    

Le sentier est peu marqué vers le Coll de Pal, mais avec la carte de Dominique au 1/25000 nous avons vite fait de le retrouver. Après le col le sentier débouche sur une vallée verdoyante où paissent des vaches mais aussi un taureau magnifique mais pas très accueillant, il souffle fort et gratte du pied comme les taureaux dans l'arène, pas très rassurant. Le sentier continue presque à plat, passe devant un refuge fermé, une colonie de vacance pense Dominique. Nous faisons un petit crochet pour aller voir le Mirador José Maria de Muller y de Abadal. C'est ici que nous prendrons notre repas, un peu perturbé par les chevaux venus nous rendre visite.

     


Nous repartons vers le refuge de Rebost que nous atteindrons vers 13h00, jusque là pas de problème nous sommes bien sur le bon sentier. Mais ça va se gâter juste au prochain carrefour, la carte indique que le sentier doit aller tout droit, mais les panneaux indiquent le contraire. Nous allons faire confiance au panneaux et c'est beaucoup plus bas que nous allons comprendre notre erreur. Il va falloir remonter de plus de 300m pour rattraper la route et reprendre le bon sentier après 3km de goudron. Le sentier qui nous reste à faire est vertical et les jambes commence à flanchées un peu. C'est vers 18h que nous arriverons au refuge. La beauté des lieux nous fait oublier notre calvaire. 

           


Jeudi 1 juillet : Départ du refuge après un bon petit-déjeuner. Une petite erreur sur la carte, nous fait prendre la route plutôt que le sentier. Nous ne croiserons que le plombier, appelé par le gérant du refuge pour des problèmes d'évacuation d'eau dans les toilettes. Arrivée à l'entrée du village nous passerons tous un short pour le traverser. Mais il faut aussi prévoir à manger pour le lendemain, le prochain refuge ne faisant pas à manger. Nous repartons un peu plus chargé et il va falloir porter tout ça pendant plusieurs kilomètres.

    


A la sortie du village, sur la carte, le sentier est indiqué à quelques dizaines de mètres d'un carrefour. Nous ne trouverons qu'une minuscule draille qui monte très raide. De toute évidence ce n'est pas le bon, je recherche un peu plus au sud et je tombe sur un sentier très marqué et signalé par de la peinture verte. Je pense qu'il était caché par des panneaux sur la faune et la flore du pays, et nous sommes passés devant sans le voir. Nous sommes dans une partie un peu moins raide, mais en plein soleil. Sur la piste nous recherchons le départ du même sentier qui doit passer par une chapelle. Soudain j'aperçois sur la gauche quelques pierres, après vérification, c'est bien le repère du chemin, quelques un doivent faire demi tour, ils l'avait dépassés sans le voir. Près de la chapelle de Santa Fe de Quer nous pouvons souffler un peu le terrain deviens un peu plus plat. Il y a une maison entièrement rénovée toute en pierres, magnifique. Le sentier s'enfonce dans une forêt de plus en plus dense où une source à été captée pour alimenter en eau la maison que nous venons de passer. Il devient aussi de plus en plus raide, Doug à du mal à monter, il s'arrête plusieurs fois ce qui n'est pas dans son habitude. Nous arrivons enfin au Coll de Turbians pour midi, chacun recherche un coin d'ombre pour manger sauf Guy qui reste en plein soleil. Après le repas nous formons deux groupes ceux qui on encore des forces qui ferons le sentier des crêtes, partis si tôt le café avalé. Et l'autre groupe, dont je suis, qui prendrons la piste presque plate, après une bonne sieste. Mais notre piste est semée d'embuches, d'abord un bar très accueillant. Le monsieur du bar, qui est sur la piste devant la maison approuve notre tenue naturelle. Sur ses mots gentils nous laissons les sacs et nous montons prendre une bonne bière après plus de 500m de marche épuisante. La seconde embuche c'est un mirador situé juste en face d'une chapelle rénovée, la vue est splendide. Il nous reste à traverser le petit village de Gisclareny où nous restons nus, nous ne verrons qu'une seule personne, une vielle dame pas du tout choqué par notre tenue. A la sortie du village nous voyons le refuge au fond de la vallée, mais le ciel est de plus en plus noir. Nous prenons la pluie un kilomètre avant le refuge. Quand nous arrivons l'autre groupe est déjà là, vautré dans le confort des sièges installés sur les balcons. Sauf Dominique qui étudie la carte pour le lendemain, il en faut toujours un pour se sacrifier ! Le refuge est en fait une maison privé en forme de U, nous sommes logé dans une aile et Angel, la propriétaire loge dans l'autre aile juste en face de nous. Le soir à la sortie de son travail elle vient nous voir et nous réserve une table au restaurant, c'est la que je lui donne mon affiche sur la randonue. Au restaurant, après un repas de bonne qualité, nous tombons sur une affiche surprenante (Voir la photo). Paris tout nu avec le même organisateur ! 

Vendredi 2 juillet : 6h30 du matin, nous sommes tous nus sur le balcon, et j'entends Angel qui nous dit bonjour d'un air très sympathique absolument pas dérangée par notre nudité matinale.

Une photo du groupe avant de partir, et nous voila sur la piste. Nous avons plus de 1000m de montée devant nous, encore une dure journée. Le début est relativement facile et nous croiserons un couple de marcheur très dynamique. Le sentier monte dans un vallon et rejoint la piste où il y a des barbecues avec une source à proximité, en pleine nature ! Jusqu'au premier col le sentier est pas très raide est ombragé. mais à partir de là il prendra vite de l'altitude dans une belle forêt. En face de nous la Pedra Forca ce dresse imposante et magnifique. La fatigue commence à ce faire sentir, surtout à la sortie de la forêt où le sentier accentue la pente et plus d'ombre pour nous rafraichir. En pleine pente désertique coule une source rafraichissante, le dernier point d'eau avant le sommet. 

       


Encore quelques pas sous un soleil de plomb et nous voilà au coll de Tancalaporta, où nous prenons notre repas avec une toute petite sieste, il nous reste encore à passer le Pas Dels Cosolans, derrière la cime de Comabona. Doug à de plus en plus de mal à suivre, la fatigue le gagne. Arrivés au Pas Dels Cosolans, Doug s'assied pour reprendre des forces quant ceux qui sont arrivés ici depuis un moment reprennent leur sac pour repartir. Je leur fait remarquer que nous ne sommes pas au CAF et que nous pouvons attendre que les autres reprennent leurs souffle. Il nous reste que de la descente jusqu'au refuge mais le ciel menace. Nous arriverons au refuge juste avant l'orage, encore une fois ! Le refuge est presque vite cette fois-ci. Dans la soirée, après le pluie, deux groupes de chevaux se rejoignent dans un festival de galops et de virevoltes magnifiques.  

Samedi 3 Juillet : C'est le dernier jour, il nous reste à redescendre jusqu'aux voitures. Les plus rapides sont déjà à 200m devant nous quant j'aperçois le départ du sentier. le reste de la descente parais interminable, la fatigue surement. Sylvain s'arrête pour prendre une dernière photo de la vallée et surprise au moment où il zoom, il aperçois un vautour bien installé sur son pic rocheux. Après trois heure de marche nous voila autour d'un dernier verre dans un bar du premier village rencontré. Il nous reste encore plus de six heures de voiture pour rejoindre nos maisons.

                 


Merci à Dominique pour nous avoir fait découvrir cette région magnifique.

JP Guido