Pour chaque excursion faite en dehors du camping naturiste (U-furu, voir ci-dessous), nous avons pu apprécier le bonheur de nous dénuder ; qui sur une plage (naturiste ou pas), qui pour une baignade en rivière, qui pour un pique-nique en montagne ou au bord d’un ruisseau…. Un constat : il suffit simplement de s’éloigner quelque peu des zones à forte concentration touristique pour trouver un coin très peu fréquenté et un peu dissimulé aux regards.

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1/08 - Villata

Au nord-est de Porto-Vecchio, entre San Ciprianu et Pinarellu, le camping de Villata s’étend entre le littoral et une zone boisée. Pour des raisons plus ou moins obscures de limites de propriétés, ce camping anciennement naturiste a été racheté et est devenu textile avec des frontières mieux délimitées. Par contre, la plage attenante, d’environ 500 m au total, a été partagée en deux parties égales : un côté textile (directement face au camping) et un côté naturiste. L’accès à cette plage n’est pas évident car elle est enclavée entre le camping d’une part (accès règlementé voire payant pour les visiteurs de passage) et des lotissements privatifs d’autre part. Après plus d’un demi heure de voiture avec carte IGN en mains, nous avons finalement trouvé un petit sentier public à peine visible de la route, en contournant le camping par le sud.

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La plage proprement dite est relativement vaste, fréquentée principalement par des familles respectant bien la pratique naturiste dans l’ensemble. Corse-2011_01.jpgLe plateau continental, constitué de sable blanc et fin (comme la plage) est en pente extrêmement douce, ce qui oblige à parcourir plus de 100 m pour avoir de l’eau jusqu’au ventre ! Idéal pour les enfants. Par conte, pas grande chose à voir avec masque et tuba ; pour cela, il faut plutôt se diriger vers les rochers du côté droit de la plage, et encore ! Le problème, c’est que cette zone est envahie par de très nombreux bateaux de plaisance qui mouillent un peu n’importe où sans trop respecter les règles de sécurité, semble-t-il. La méfiance est de rigueur.

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2/08 - Les îles Lavezzi

L’île principale, au large de Bonifacio (sud-est), est un sanctuaire, une réserve naturelle protégée. Outre ses paysages stupéfiants de blocs de granit aux formes plus originales les une que les autres, elle renferme de nombreuses espèces endémiques de Corse, tant végétales qu’animales.
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Toutes les demi-heures les vedettes bonifaciennes déversent des dizaines de touristes qui se dispersent en éventail sur les nombreux sentiers sillonnant l’île dans toutes les directions. Les nombreuses criques que l’on trouve tout autour sont investies par une faune innombrable de bipèdes pas toujours très discrets. Corse-2011_06.jpg Corse-2011_04.jpg Ce n’est pas l’endroit rêvé pour les naturistes que nous sommes ! Mais le lieu vaut vraiment le déplacement pour son côté sauvage et beau (si l’on fait abstraction des « envahisseurs »). Pas pour les naturistes ? Qui a dit ça ? Les consignes, dispensées à l’arrivée sur l’île par une hôtesse du Conservatoire du Littoral, ne concernent que les mesures de protection de l’environnement…. Osons le naturisme ! C’est en fin d’après-midi, alors que beaucoup de visiteurs ont regagné l’embarcadère, que nous avons découvert une petite plage de sable dans l’extrême nord de l’île. Corse-2011_05.jpg Nous nous installons à bonne distance des quelques personnes encore présentes et, une fois à l’eau, une eau cristalline avec des fonds de toute beauté, nous ôtons le dernier vêtement qui nous entravait tout au long de cette journée pourtant très riche. Après le spectacle à travers le masque, nous sortons de l’eau dans notre tenue favorite, sans même y penser ; les rares baigneurs textiles restants n’y prêtent pas attention et nous restons nus jusqu’à l’heure du départ forcé. En effet, il ne faudrait pas manquer le dernier bateau du retour !Corse-2011_07.jpg

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3/08 - U Cavu

Aujourd’hui, le ciel est couvert. Doit-on rester néanmoins au camping ou tenter une balade à l’extérieur ? Les avis sont partagés. Nous sommes trois à choisir de changer un peu d’horizon. Direction le Cavo (u Cavu), fleuve côtier au nord de Porto-Vecchio. D’après la carte, il y aurait des accès praticables et de nombreuses plages. Bien sûr il y a du monde, en ce milieu d’après-midi, malgré le manque de soleil. Mais plus nous nous éloignons du parking vers l’amont, plus le peuple se raréfie.
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Nous trouvons un coin tranquille sur un gros rocher, au bord de quelques vasques naturelles où l’on peut nager. Nus, évidemment, sinon, quel intérêt ? Après la baignade, retour par les galets de la rivière, avec ou sans paréo ; en effet, nous ne rencontrerons presque personne jusqu’à la voiture.

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4/08 - Plateau du Coscione

Corse-2011_25.jpg Pour les naturalistes que nous sommes, Hélène et moi, il était inconcevable de ne pas aller contempler une formation naturelle unique en son genre : les pozzines, zones humides et marécageuses de montagne présentant des paysages typique qu’on ne trouve qu’ici. Le site le plus proche de notre camp de base du sud est le plateau du Coscione, à l’intérieur du Parc Naturel Régional de Corse, à plus de 1500 mètres d’altitude, au départ d’une station de ski de fond. Corse-2011_22.jpg
Le paysage est grandiose avec ses hautes montagnes alentour, ses prairie verdoyantes parsemées de massifs d’aconits corses (Aconitum napellus subsp. corsicum), plantes magnifiques mais très toxiques et bien d’autres espèces végétales endémiques :

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Ces grands espaces sont peuplés de nombreux animaux domestiques en totale liberté : vaches, chevaux, chèvres, moutons, cochons corses.

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Corse-2011_19.jpg Corse-2011_20.jpg Corse-2011_24.jpg

La journée est superbe, sans le moindre nuage le matin, avec une légère brise qui aide à mieux supporter les ardeurs du soleil malgré l’altitude. La fréquentation humaine est plus que modérée, par rapport à l’étendue du site. Nous ne tardons pas à nous dévêtir afin de profiter au plus près de cette nature généreuse et magnifique. « Vivre en harmonie avec la nature » prend là tout son sens. Corse-2011_23.jpg Nous aurons passé une journée inoubliable faite de randonues, de pique-nique et sieste, de séances photos, d’identifications botaniques, de découvertes en tous genres. Sans parler d’une étape gastronomique dans une ferme auberge de montagne sur la route du retour, pour le dîner ; une cuisine du terroir riche et raffinée.

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5/08 – L’Osu

Même démarche que pour le Cavo (voir ci-dessus), avec le soleil en plus. Départ en milieu d’après-midi pour éviter la trop forte chaleur. Direction un autre petit fleuve plus au sud, l’Osu. D’un naturel discipliné, nous nous garons aux abords d’une piste marquée « circulation interdite » et l’empruntons donc à pieds. Malgré l’interdiction, le chemin est fréquenté par de nombreux véhicules à moteur qui nous croisent dans des nuages de poussière. Pas très agréable. Nous persévérons sur un bon kilomètre avant de découvrir un espace qui nous paraît propice à la baignade, avec ses vastes rochers gris, ses petites cascades et ses vasques naturelles. Par chance, les rares occupants sont sur le point de quitter les lieux que nous investissons immédiatement, en tenue de peau, tout naturellement ! Corse-2011_26.jpg L’endroit est ravissant et calme ; juste quelques visiteurs de passage tournent les talons en nous voyant et vont s’installer un peu plu loin. Aucune animosité ne se fait sentir…. Sauf peut-être un papa qui détourne le regard de son gamin en passant tout près de nous mais qui vont jouer à peine plus loin entre les rochers. Pour nous, ce n’est que du bonheur !

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6/08 – Pique-nique à Levie

Corse-2011_28.jpgAujourd’hui, veille du départ de notre séjour (eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin !), nous prévoyons une journée culturelle. La visite du musée archéologique de l’Alta Rocca à Levie, puis celle d’un village pittoresque de moyenne montagne, Serra-di-Scapomena. Mais déambuler une journée entière en tenue de ville, quelle galère, malgré le grand intérêt culturel de ces visites ! Alors, pour le pique-nique de midi, une petite rivière bien rafraîchissante passant sous un petit pont nous tendait les bras. Rien que pour nous. A deux pas du village et de la route, mais bien camouflée. Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire de marcher longtemps pour trouver des coins agréables propices au naturisme. Corse-2011_27.jpg

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Pour conclure Par expérience, il suffit de consulter la carte IGN du lieu et rechercher un filet bleu près d’un route ou d’un chemin. Il est toujours agréable de s’installer au bord d’un simple ruisseau. Nous sommes rarement déçus. La plupart des touristes préfèrent investir les (grandes) villes pour prendre des bains de foule ou bien s’agglutiner sur les plages en plein cagnard. Très peu pour nous !

Pierre Sévin

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