Finalement la journée aura été plutôt clémente à l’est du Var avec une température agréable, un ciel mitigé, nuages et éclaircies, et même de bons rayons de soleil à certains moments.

J’arrive vers 8h45 sur le parking. Plusieurs personnes attendaient, semblant hésiter à franchir la barrière fermant l’accès à la piste contournant le lac. Discrètes, quelques affiches de la journée sans maillot nous précisent que nous sommes au bon endroit. Une flèche précise « accueil à 500 m ». Stand.jpg Nous passons la barrière à pieds, chargés comme des baudets, et suivons la piste jusqu’au barnum qu’avaient installé les organisateurs Roger et Jean-Paul (entre autres) comme stand d’accueil pour les visiteurs. Congratulations, présentations, embrassades. Puis direction le lieu de pique-nique où déjà plusieurs participants commencent à s’installer. D’autres arrivent progressivement.

Et si on allait tâter l’eau du lac ? Au bout d’un sentier pierreux et pentu la berge terreuse est atteinte. Quelques courageux tentent la baignade ; mais non, elle n’est pas froide ! Allez, venez ! Sur la berge d’en face, à quelques centaines de mètres, l’attention de quelques pêcheurs est distraite par nos rires et éclats de voix enjoués. Vue-du-lac_1.jpg De retour au campement, quelqu’un annonce, enthousiaste, qu’il y a un autre coin bien plus propice à la baignade. Nous le suivons. Effectivement, ça ressemble plus à une plage, plus vaste et sommairement aménagée. Il s’agit d’une petite crique ; l’eau semble plus chaude ; sûrement proche de 27°. D’ailleurs, moi qui suis généralement frileux pour me baigner, j’y entre complètement en moins d’une minute ; un exploit !

Baignade_matinale C’est sur ces entrefaites qu'un jeune homme, nu et accompagné d’autres naturistes, fait son apparition sur la berge. Il s’agit de Yoann, le journaliste de Nice Matin qui vient pour le reportage sur notre manifestation. Alors là, chapeau ! Un reporter qui joue le jeu à ce point, c’est du jamais vu ! Mais, d’après les témoins, il n’a pas hésité un instant à se déshabiller avant de commencer à prendre des notes sur son cahier. « C’est pour m’immerger totalement au cœur de mon reportage » a-t-il affirmé. Un très riche dialogue s’est instauré entre des naturistes très enthousiastes et convaincants et l’homme de presse de plus en plus convaincu des bénéfices de notre mode de vie. Cela préfigure un article riche en informations justes et bienveillantes à l’égard du naturisme….*

Une vue du lac de St. Cassien De retour au camp de base, on nous avertit que le photographe de presse et arrivé à l’accueil et qu’il faut s’y rendre pour LA photo de l’année. Yoann va-t-il se rhabiller pour retrouver son confrère ? Pas le moins du monde ! Il ira l’accueillir en tenue de peau, tout naturellement ! Et, après la séance de photos sur le stand, Luc le photographe se déleste de tout ce qui le différenciait encore du reste du groupe. Et de deux ! La conversion est radicale. Une photo du groupeAlors tout ce petit monde retourne sur le lieu de pique-nique où les attend un apéritif d’enfer composé de toutes sortes de boissons et d’amuse-bouches amenés par les organisateurs et les participants ; les classiques et les originaux, ceux du commerce et les « faits maison ». A la santé du Naturisme en Liberté ! Et que le bonheur sain et naturel de vivre nu soit mieux accepté par l’opinion publique et les autorités….

Au camp de base Après l’apéro et le pique-nique, dans une ambiance amicale et réjouie, retour au lac pour une baignade digestive. Une occasion aussi de compléter l’album photo ; le boîtier pro crépite de toute sa mécanique en action. Le travail des reporters devient un jeu ; ils participent sans retenue aux ébats aquatiques de cette famille accueillante qu’ils viennent tout juste de découvrir. Ils sont visiblement ravis. Ce sera certainement pour eux une journée inoubliable. Baignade digestive

Le temps semble se maintenir ; juste un peu couvert et légèrement lourd. Jean-Paul lance l’idée d’une petite randonue sur les sentiers alentours. Ou plutôt une balade tranquille pour le plaisir de marcher ensemble. Une vingtaine de volontaires – dont la petite Aymeline, 4 ans - s’équipe pour la marche et s'élance sur le sentier. Vu le temps maussade, très peu de promeneurs « textiles » déambulent sur les chemins. Nous croisons néanmoins deux ou trois jeunes couples, des personnes promenant leur chien et quelques cyclistes. Captivés par diverses conversations passionnantes, nous ne réalisons même pas que nous sommes nus. Nous échangeons des bonjours souriants en toute simplicité avec les personnes croisées ; aucune animosité n’est ressentie ; tout semble tellement naturel. Sujet de conversation assuré de retour chez eux…. La randonue

Au bout d’une heure de marche, il est 17 heures. Quelques gouttes de pluie se font sentir sur les épaules et nous décidons de lever le camp. On rassemble le matériel et les reliefs des festivités. Certains ont le courage de s’habiller avant de partir. D’autres, dont je fais partie, restent en tenue de naissance jusqu’au parking. Nous ne sommes pas pressés de partir, d’autant plus que le ciel s’est éclairci. Après les dernières conversations passionnées au sujet du naturisme et des projets de chacun, nous regagnons nos véhicules respectifs. Une journée comme celle-ci, en pleine nature sauvage, dans une ambiance chaleureuse et conviviale, c’est une semaine de santé assurée !

Pierre Sévin

  • * Voir l’article de Yoann Terrasse et Luc Boutria publié le 19/07/2011 dans les quotidiens Nice Matin et Var Matin.

Vue panoramique