Nous sommes 2 couples, Christian et son amie Christelle, Hélène et moi. Après 15 minutes de marche en raquettes depuis la route, nous quittons la piste balisée sur les conseils de l'ami Jean-Paul, en direction de la crête. La neige est immaculée, sans aucune trace de pas, à peine poudreuse, idéale pour la marche en raquettes.

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Sinuant entre les buissons de buis et les arbustes en tenue d'hiver nous progressons sur le flanc enneigé de la colline. La sueur commence à imprégner les vêtements. Il est grand temps de commencer à « s’effeuiller ». Couche après couche, les tenues d’hiver s’amenuisent progressivement. Il n’y a pas âme qui vive à des km à la ronde. Sans attendre, nous nous dépouillons de pratiquement tout vêtement, sauf le dernier tee-shirt qui protège de la légère brise qui sévit de temps en temps. Mais ce dernier rempart entre l’air et la peau ne tarde pas à tomber également. Le soleil est radieux et le plaisir immense de la totale nudité compense largement le petit inconvénient du vent, du reste très supportable.

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12h30 ; les estomacs commencent à se manifester ; nous recherchons un coin abrité pour pique-niquer. Nous nous installons confortablement dans une petite dépression au pied d’un bosquet, à l’abri du vent et exposé face au soleil, pour le repas tiré du sac et les photos de groupe. Christian avait emporté des tapis isolants pour s’asseoir sur la neige sans se mouiller et se geler les fesses. Quel bonheur de pouvoir profiter du soleil et des plaisirs de la « table » partagés dans notre tenue préférée ! Sauf que….

Sauf que, tout à coup, sur la crête en face de nous, quelques nuées puis un brouillard de plus en plus dense s’élancent vers le soleil à grande vitesse. D’un coup, la température chute de 10 degrés au moins. Nous nous empressons de nous couvrir le dos, à notre grand regret. Nous terminons le repas sous une alternance d’éclaircies et de ciel couvet. Comme le temps ne se prête pas au farniente et à une petite sieste que nous aurions bien méritée, nous levons le camp. Les amis se rhabillent complètement ; moi, je ne remets que mes chaussures et y fixe mes raquettes. Quel plaisir de marcher sans entrave ! Je n’ai même pas froid…. Je continuerai dans cette tenue jusqu’à la route.

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Nous reprenons alors notre périple entre coteaux et vallons enneigés. Il est encore trop tôt pour rentrer ; le temps se maintient avec quelques éclaircies sporadiques et très peu de vent. Le soleil semble vouloir même pointer son nez par moment mais il reste timide. Nous nous dirigeons vers un cabanon de pierres que nous apercevons dans la vallée. Il n’y a aucune trace dans la neige ; il n’y a personne ; le toit est recouvert d’ 1,40 mètres de neige. Après exploration des alentours nous repartons en cherchant notre chemin parmi les arbres et les buissons ; pas facile de retrouver un accès au chemin dans cet univers blanc boisé et vallonné ! Après maintes hésitations, nous finissons par retrouver la piste qui doit nous mener à la route. Nous y parvenons au bout d’une bonne heure de marche. Il est temps pour moi d’enfiler mon short ! Je vois passer des voitures ; on pourrait remarquer ma tenue incongrue….

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Pour conclure, je dirais que, malgré la météo un peu capricieuse, cette journée a été très agréable dans l’ensemble (hormis des crampes qui m’ont un peu gâché le retour). Très beau temps le matin, pas trop froid, aucune rencontre fortuite, calme olympien dans une nature préservée ; une liberté totale comme on aimerait en connaître plus souvent.

Pierre Sévin